Veux-tu te présenter ?
Je m'appelle Cécile Dilé. Je suis religieuse missionnaire à Kinshasa en République Démocratique du Congo. Je suis originaire du Maine et Loire et j'ai 39 ans. Avant d'entrer dans la congrégation des Soeurs Missionnaires de Notre Dame D'Afrique, j'ai fait partie du SMJ sur Angers.
Cécile avec l'équipe du centre de Santé KinshasaComment as-tu connu le S.M.J?
Quand j'étais en 6ème, j'ai vu un montage diapos sur un camp SMJ. J'ai eu envie d'y aller, mais je ne sais pas trop pourquoi. J'ai ainsi participé à trois camps puis quelques années plus tard je suis devenue animatrice.Qu'est-ce que tu as aimé au S.M.J , Qu'est-ce qui t'attirait?
L'esprit d'ouverture, la joie de vivre, notre foi partagée dans la simplicité et avec beaucoup de créativité. J'aimais écouter les récits des missionnaires. J'étais frappée par l'amour qu'ils avaient pour les peuples dans lesquels ils vivaient. La vie d'équipe m'attirait aussi parce qu'elle était joyeuse et profonde. J'aimais les temps de prière dans les dunes et sur la plage ; cela changeait de la monotonie des paroisses !Qu'est-ce qui t'a touchée dans ces camps S.M.J?
J'ai été frappée par le fait que le Service Missionnaire des Jeunes n'est pas un mouvement mais un service. C'est à dire que la mission ne se termine pas avec le camp mais elle continue partout où nous vivons. Elle n'a pas de frontières.
Sr Cécile au centre de santéQu'est-ce que le S.M.J. t'as appris ?
Le SMJ m'a appris à être ouverte aux autres, et aux autres peuples en particulier. Il m'a ouvert des horizons. Je me souviens d'une jeune fille laotienne qui avait dû fuir son pays en traversant de nuit un cours d'eau. Elle nous avait raconté son histoire et avec quelques cartons et papiers de couleurs elle avait confectionné un masque traditionnel. Puis elle avait dansé devant nous. C'était splendide !Les camps SMJ furent aussi pour moi des temps spirituels importants. Les animateurs préparaient avec soin des prières et des célébrations. J'en ai gardé de beaux souvenirs parce qu'ils étaient adaptés à ce que nous étions. Il y avait du rythme !
Est-ce que le S.M.J., d'une manière plus au moins lointaine, t'a préparée à devenir une religieuse missionnaire ?
Le SMJ m'a donné une certaine connaissance de l'Afrique. Je me souviens des histoires racontées par les missionnaires vivant au Bénin, au Burkina Faso, à Madagascar... et des diapos qu'ils nous montraient. Ainsi je découvrais la vie de villages africains, les concessions, les jeunes filles qui partent chercher l'eau... C'était une initiation (bien lointaine et incomplète) mais elle a alimenté en moi le goût de l'Afrique.
Quand j'étais en 3ème année à l'école d'infirmière d'Angers, je suis partie au Sénégal avec d'autres élèves, pour faire un stage dans le cadre de nos études. De nombreux amis du SMJ, animateurs et missionnaires, nous ont soutenues dans notre projet. Ce dont j'avais souvent entendu parler, j'allais enfin aller le voir et le toucher par moi-même. Ce fut une belle expérience.
Comme de nombreux jeunes, je me suis éloignée de l'Eglise durant quelques années. C'est grâce à une amie qui faisait partie du SMJ que j'ai retrouvé le chemin d'une foi plus mûre et plus personnelle. Je suis ainsi devenue animatrice. Par ce biais, je rencontrais plus souvent des missionnaires et j'ai été, plus d'une fois, interpellée par leur simplicité, le don d'eux-mêmes pour les autres, leur amour du Christ, leur joie de partager leur foi. Ils nous accompagnaient sur le chemin de nos questions existentielles (c'était l'âge !) et dans notre engagement pour l'Eglise à travers le SMJ.
Tu vois donc des liens entre ta vocation religieuse missionnaire et le S.M.J, mais en vois-tu aussi avec ta famille religieuse des Surs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique ?
Au début, j'ai dit que l'ouverture vers d'autres peuples m'attirait (et spécialement vers les peuples africains). En entrant chez les Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique, j'ai approfondi cette dimension missionnaire pour l'Afrique. Tout d'abord parce que nous vivons dans des communautés internationales et interculturelles. A Kinshasa, je suis avec une canadienne, une ghanéenne, trois congolaises, une espagnole et une allemande. Avec six nationalités et trois continents, nos coeurs et nos pensées sont forcément ouverts à la différence. Nous sommes ensuite plus aptes, mieux préparées pour être à l'écoute et au service du peuple dans lequel nous vivons.
Le slogan " Le SMJ n'est pas un mouvement mais un service " résonne aussi dans mon expérience de missionnaire de Notre Dame d'Afrique. Parce que la mission qui m'est confiée (gestionnaire d'un centre de santé, aumônière d'un groupe de jeunes à la paroisse...) n'est pas un simple travail mais un service, un amour pour les autres, un don de moi-même pour suivre le Christ.
Je retrouve aussi l'ambiance festive des célébrations eucharistiques et des prières du SMJ dans les magnifiques messes dansées et rythmées de nos paroisses congolaises. Dn communauté, nous aimons aussi adapter la liturgie avec des chants et des rites du pays.
As-tu un message pour les jeunes du S.M.J. ?
Je veux simplement leur dire : N'ayez pas peur d'ouvrir vos fenêtres aux autres, d'être curieux et d'apprendre à travers les témoignages des missionnaires (d'ici et de là-bas) jusqu'au jour où vous pourrez peut être aller goûter, voir et toucher vous-même les richesses des autres églises en Afrique, en Asie ou sur d'autres continents.Si la sauce a toujours le même goût, elle devient fade ! C'est pourquoi toutes les églises ont besoin d'envoyer et de recevoir des missionnaires pour que notre foi ait une saveur universelle ! Bienvenu-es !
Sr Cécile Dilé
ceciledile@hotmail.com
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