Comment vivons-nous
en communautés apostoliques
internationales ?



Prospérine Samba Smnda


Depuis notre dernier Chapitre général en juillet 2005, un processus est en cours dans notre Congrégation pour nous aider à améliorer notre vie en communautés internationales et interculturelles. Nous l’avons nommé « Programme Salomé », d’après le nom de Mère Marie Salomé, première Supérieure générale issue des Géronimites. Elle gouverna la Congrégation de 1882 à 1925. Ce fut la période de l’expansion de la Congrégation et des grands départs vers l’Afrique subsaharienne. Pas étonnant que ses paroles, ses conseils soient si précieux pour nous, SMNDA, car c’est elle qui a su incorporer notre charisme et prendre le relais après le passage de ce monde au Père de notre Fondateur Lavigerie !

Notre Congrégation étant internationale dès ses débuts, Mère Marie Salomé a souvent répété à nos aînées de son temps de ‘s’aimer et s’entraider’ au-delà de leurs différences. C’est un héritage qu’elle nous a laissé, un puits où on ne se lasse jamais de se désaltérer.

Aujourd’hui, au 21è siècle, nous avons encore et plus que jamais besoin d’entendre ses paroles pour mieux vivre l’Évangile au quotidien dans nos communautés interculturelles.


Photo prise au Ghana. Première ligne, de gauche à droite : Sr Margreth Kibola (Tanzanie),
Sr Victoria Gaa (Ghanéenne), Sr Prospérine Samba (congolaise) et Sr Justina Akampanya (Ougandaise).
Et en arrière : Sr Véronique Hegron (Française) et Vinolia (Ghanéenne), novice à Arusha.

Un processus est en cours et nos Sœurs du Conseil général n’ont pas ménagé leurs efforts en créant ce ‘Programme Salomé’ et en nous y engageant à nous demander comment, toutes et chacune, personnellement et en communauté, nous vivons nos relations interpersonnelles en communautés interculturelles.

Ce processus voudrait répondre à des frictions qui se sont fait sentir à plusieurs niveaux chez l’une ou l’autre ou dans un groupe plus ou moins important, soulignant des malentendus et des tensions isolés qui pouvaient se confondre à tort ou à raison avec du racisme !

Dr Éric Law nous a aidées à cerner les points qui étaient pour nous importants à travailler.

Dès lors, pour mieux vivre ensemble, il s’est avéré urgent de commencer par le partage à tout niveau. Tout d’abord, se faire connaître chacune en sa communauté afin de se sentir intégrée ; partager ses origines, les habitudes fondamentales de sa famille restreinte et étendue, partager sur son pays avec les traits et les mentalités qui caractérisent ses habitants, etc.

Une des étapes importantes en réunion intercommunautaire a été de partager sur la formation religieuse reçue et sur l’époque qui la caractérisait dans la société et dans l’Église, sur ce qu’étaient les accents et les préoccupations de la Congrégation lors de notre entrée dans la vie religieuse, etc.

Après avoir vécu cela dans ma communauté, je dois dire que ce fut une expérience très révélatrice qui nous apprenait, toutes à la fois, à approcher l’autre en enlevant ses chaussures car chacune est une terre sainte ! Ce fut une occasion de comprendre l’autre, ses mentalités ou habitudes, souvent dans la compassion face à son passé, quel qu’il soit, dans un grand respect ! Quelle bonne occasion de vivre l’Évangile au cœur de nos vies et à l’intérieur de nos communautés, et sans bruit !

Que d’énergies libérées pour vivre heureuses ensemble dans le respect de nos différences, n’y cherchant que notre conversion personnelle.

Depuis, nous sommes toutes engagées dans la « COMMUNICATION RESPECTUEUSE » : en toute occasion d’interaction, dans nos réunions et rencontres communautaires, on se souvient de mettre en pratique les points suivants :

• Prendre la Responsabilité de ce que je dis et sens, sans blâmer les autres.

• Choisir l’Écoute empathique qui accueille l’autre dans ce qu’elle ressent sans se laisser submerger, tout en gardant la bonne distance.

• Être Sensible aux différents styles de communication.

• Prendre le temps de Réfléchir à ce que je sens ou ce que j’entends avant d’intervenir, car il est possible que ce que je ressens ne soit pas lié à la personne en tant que telle, mais peut-être bien à une de mes expériences
du passé.

• Examiner mes perceptions et mes préjugés, car je peux toujours filtrer l’information qui vient.

• Garder la Confidentialité.

• Tirer profit des ambiguïtés, car nous ne sommes pas là pour débattre sur qui a raison et qui a tort.

Voilà certains outils qui nous servent pour mieux vivre ensemble dans nos communautés interculturelles. C’est un chemin qui nous fait passer de la mort à la vie dans le quotidien.

Prospérine Samba Smnda

Voir aussi son témoignage


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How we live in international and intercultural apostolic communities?



Prospérine Samba Smola


Since our last General Chapter in July 2005, a process is in progress in our Congregation to help us improve our international and intercultural community life.

We have christened it ‘The Salomé Programme’, after Mother Marie Salomé, the first Mother General, who came from the Géronimites. She governed the Congregation from 1882 till 1925. This was the period of expansion in the Congregation and of the great departures for sub-Saharan Africa. It is not surprising that her words and advice are so cherished by us as MSOLA, as she was able to incorporate our charism and took over the Congregation after the passing from this world to the Father of our Founder Cardinal Lavigerie.

Since our Congregation was international from its beginnings, Mother Marie Salomé often repeated to our elders in her time to ‘love and assist one another’ above and beyond their differences. This is the legacy she left us, a fountainhead from which we never tire refreshing ourselves.

Today in the 21st century, we still need to hear her words more than ever, in order to live the Gospel better on a daily basis in our intercultural communities.


Photo taken in Ghana. First row, l.-r. : Sr Margreth Kibola (Tanzanian), Sr Victoria Gaa (Ghanaian),
Sr Prospérine Samba (Congolese) and Sr Justina Akampanya (Ugandan).
Back row: Sr Véronique Hégron (French) and Vinolia (Ghanaian), novice at Arusha.

This process seeks to respond to friction that is felt at several levels in one or other individual or relatively large group, emphasising misunderstandings and isolated stresses that could be confused, rightly or wrongly, with racism!

Dr Éric Law has helped us to focus on the points that were important for us to elaborate.

From then on, to live better together, it proved urgent to begin sharing at every level. Firstly, it was about getting to know one another in community to feel a sense of belonging. This involved disclosing one’s origins and basic habits in a small or extended family, sharing about one’s country with the traits and mentality that characterise its inhabitants, etc.
One of the major stages in the inter-community meeting was to share about the religious education we received and on the period that characterised it in society and in the Church, as well as where the Congregation laid the stress and its preoccupations at our entry into Religious Life.

After experiencing this in my community, I must say that it was a very enlightening experience that taught us, all of us collectively, to approach one another by first taking off one’s shoes, as every person is holy ground. This was an opportunity to understand the other person’s mentality and habits, often compassionately, in view of whatever was their past, with great reverence! What a great opportunity to live the Gospel at the heart of our lives within our own communities without fanfare!

What a lot of energy freed up to live contentedly together in respecting our differences, seeking only personal conversion!

Since then, we are all committed to ‘RESPECTFUL COMMUNICATION’ for all interactions in our community meetings and gatherings. We bear in mind the following points in practice:

• Take responsibility for what I say, without blaming others

• Listen to the other person with empathy regarding what she is feeling, without becoming over-involved and in respecting boundaries.

• Bear in mind differences in styles of communication.

• Take the time to think through what I feel or what I understand before speaking, as what I feel may not be linked to the person as such, but perhaps more to one of my past experiences.

• Examine my perceptions and prejudices, as I may always be filtering incoming information.

• Maintain confidentiality.

• Make capital of the ambiguities, since we are not there to discuss who is right and who is wrong.

These are some of the tools that serve us to live better together in our intercultural communities. It is a path that enables us to pass from death to life in everyday affairs.

Prospérine Samba Smola