Malte,
une histoire de famille
entre ses habitants et l'Eglise missionnaire

De St Paul à Lavigerie…



… l'Esprit souffle toujours !

 











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Malte, trois petites îles au cœur de la Méditerranée
avec une histoire mouvementée.
Les Maltais sont fiers de dire que le Christianisme a touché leurs rivages
au cours de l'année 60 et, surtout, que c'est Paul de Tarse
qui leur a apporté la foi pendant son voyage à Rome.

Le livre des Actes (chapitres 27 et 28) nous rapporte le récit de la tempête,
du naufrage et de l'accueil que la population de l'île a réservé à St Paul.
Paul avait une longue expérience de la mer
et le résultat de ce détour inattendu fut que la Bonne Nouvelle
est arrivée jusqu'à cette île qu'il n'avait jamais pensé atteindre
au cours de ses voyages missionnaires.

Le village où Paul a fait naufrage s'appelle maintenant St Paul's Bay.
Depuis cet événement, la majorité des Maltais a embrassé la foi catholique
et bon nombre d'entre eux ont un réel esprit missionnaire.
La foi, pour eux, est un si grand don,
que leur désir le plus cher est de la partager avec les autres.

Ils en sont persuadés : ceux-ci trouveront joie et plénitude
à accueillir la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.


Quand nos deux Sœurs Carmen Sammut et Marion Carabott
ont participé à la semaine missionnaire
préparatoire au dimanche
de la Mission Universelle en octobre 2009, elles ont été touchées de voir le
grand intérêt que les gens de Malte portaient aux activités missionnaires.
L'engagement de nombreux organismes missionnaires dans ces petites îles
prouve qu'il existe un réel esprit apostolique dans le cœur de beaucoup,
malgré l'augmentation du matérialisme et du consumérisme de ces dernières années.

Le Cardinal Lavigerie avait probablement deviné ce désir des Maltais
de faire connaître leur foi. La douceur du climat a peut-être été
une autre raison qui l'a fait choisir Malte pour un projet qu'il mûrissait
depuis longtemps. Il avait déjà fondé les Missionnaires d'Afrique (P.B.) et
les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique (S.B.) mais il était
toujours convaincu que "l'œuvre durable doit être accomplie par les
Africains eux-mêmes devenus chrétiens et apôtres".

En 1876, il fonda, à Carthage, un Institut destiné à accueillir
de jeunes esclaves rachetés par les Missionnaires d'Afrique.
Il envisageait de former ces jeunes Africains libérés
pour en faire des médecins-catéchistes.

L'idée était que ces jeunes, une fois retournés en Afrique
après leur formation, vivraient de leur profession de médecin et, par là,
rayonneraient autour d'eux.

Le premier cours de l'Institut de Malte (1881-1882).
Parmi les étudiants se trouve le futur docteur Adrien Atiman



Premiers séminaristes africains
à Alger en 1890
Une Ecole de Médecine Catholique existait déjà à Malte depuis 1674.
En 1881, seize jeunes esclaves libérés arrivaient à Malte comme
étudiants.
D'autres s'y ajoutèrent un peu plus tard.
Le Cardinal Lavigerie vint en personne à Malte pour les visiter. Quelques étudiants reçurent une éducation de base ;
d'autres suivirent des cours à la Faculté de Médecine.

Quand Mgr Livinhac se rendit de l'Ouganda à Rome pour devenir
Vicaire Général, il était accompagné de quatorze jeunes Africains.
Le Cardinal Lavigerie les accompagna chez le Pape Léon XIII.
Six de ces étudiants ougandais rentrèrent plus tard dans la société des
Missionnaires d'Afrique, comme Frères. Malheureusement, l'un
d'entre eux mourut sur le chemin du retour vers l'Ouganda
en septembre 1894.

Pèlerinage africain à Rome en 1888


Caravane d'esclaves

 

 

 


Parmi les étudiants qui terminèrent leurs études de médecine, il y avait
le Dr Adrian Attiman. Il est le mieux connu du groupe en raison
de tout ce qu'il a accompli dans son pays, le Tanganyika.
Quand il eut terminé sa formation, lui et ses compagnons eurent la joie
d'assister, à Paris, à la consécration du futur Délégué Apostolique,
Mgr Bridoux. C'est Mgr Lavigerie qui le consacra.
Il donna ensuite une émouvante conférence sur les horreurs
du trafic d'esclaves tel qu'il se pratiquait en Afrique Centrale.

Le 16 juillet 1888, Adrian Attiman quittait Marseille en compagnie
de Mgr Bridoux et de plusieurs Missionnaires d'Afrique. Après trente
jours de voyage, ils arrivèrent à Zanzibar.
Les missionnaires
organisèrent alors une caravane, seul moyen de voyager dans ce pays.
A Mpwapwa, ils rencontrèrent une caravane d'esclaves. Bon nombre
d'entre eux souffraient de la variole et de la dysenterie. Adrian fut très
ému à la vue de tant de misère et il réalisa quelle chance il avait
d'avoir été racheté lui-même et éduqué par les missionnaires pour
être maintenant médecin et catéchiste.

Il exprima sa reconnaissance en se donnant pleinement à sa tâche :
aider ses frères, non seulement sur le plan physique
mais en partageant avec eux le don de la foi en Jésus-Christ,

Lui qui est venu libérer les captifs et donner une vie nouvelle à tous,
sans distinction.

Adrian arriva à Karema 6 mois après le départ de Marseille.
C'était sa première mission et il se mit tout de suite à soigner
la population.
En plus des soins, il faisait aussi le catéchisme
aux enfants et révéla à ceux qui l'entouraient que c'était à cause
de l'amour du Christ qu'il leur venait en aide et non par intérêt humain.
Sa présence eut un profond impact sur la population.

En 1882, il épousa Agnès Wamseila qui était issue d'une tribu païenne.
Ce faisant, il espérait que les membres de cette tribu se rapprocheraient
de l'Eglise. L'année suivante, il eut un fils qu'ils appelèrent Joseph.
Celui-ci, plus tard, devint prêtre.

Le projet du Cardinal Lavigerie d'éduquer de jeunes Africains à
Malte prit fin en 1896.

Les liens qui unissaient l'île de Malte et la famille Lavigerie
n'étaient cependant pas rompus…En 1957, une communauté
de Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique s'ouvrit à
Sliema sous le patronage de St Paul.
Une des Sœurs qui faisaient
partie de cette communauté était Sr Mary Galea (Sr Xavier).
Sa tante fut une des premières Maltaises à entrer dans la Congrégation.

Au cours des quelques années que les Sœurs passèrent à Malte,
deux jeunes filles y reçurent leur formation. L'un des buts de cette
communauté était la formation des jeunes Sœurs au Collège Mater
Admirabilis avant leur départ pour l'Afrique.
Les Sœurs réussirent à avoir quelques bons contacts pendant qu'elles
étaient à Malte mais on ferma la maison au printemps de 1960
dû au fait que la formation des jeunes Sœurs se faisait maintenant
à Liverpool.

Au cours de cette année 2010, le premier voyage à l'étranger que
fera le Pape Benoït XVI sera une visite à Malte. Il y sera les 17 et 18
avril pour célébrer le 1950ème anniversaire du naufrage de St Paul
sur l'île. Puisse l'esprit missionnaire qui animait ce grand apôtre
continuer à enflammer les cœurs de beaucoup sur cette petite île.

Sr Marion Carabott

 

 


 

Sr Carmen, Maltaise,
avec des sœurs missionnaires
de Notre-Dame d'Afrique
de différentes nationalités

 

Voir aussi au sujet de Malte :
* Malte, " Semaine d'éveil à la Mission " du 11 au 18 octobre 2009. Sr Marion Carabott et Sr Carmen Sammut

 

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