Apprendre la langue, découvrir la culture du peuple qui nous accueille
sont les premiers pas que nous faisons en arrivant dans un pays.
Ils sont signes de notre amour pour les hommes et les femmes
qui deviendront au fil des rencontres nos amis
.

Laurence nous raconte cette expérience avec ses mots de poète…


Oserais-je écrire…

 

Oserais-je écrire…

Oserai-je écrire les joies que nous avons vécues….
Oserai-je dire l'amour naissant pour une langue, pour un pays….

Alors que la région et la ville de Ghardaïa sont encore sous les eaux et la boue…
Alors que la rentrée scolaire prive encore des milliers d'enfants de salles et de bancs.

Oserai-je écrire nos lentes progressions dans la prononciation des phonèmes arabes…
Oserai-je dire la force ressentie d'être tous unis bien que de différentes nations
Oserai-je écrire le vent de folie qui nous unissait aux espoirs Algériens lorsque nous
..............goûtions la culture de leur mots…
Oserai-je dire les lettres maladroitement dessinées comme celles des enfants sur le tableau blanc

Alors que Safiatou-Aïcha, du Togo, s'est éteinte seule dans l'hôpital le jour de l'Aïd el Fitr, après 4 mois de coma
Alors que son mari est encore à Tamanrasset et qu'il ne la reverra plus…

Oserai-je écrire ces 15 jours pleins d'une studieuse rencontre
Oserai-je dire l'histoire de Kamel, Youssef et Fadila, les personnages de la méthode d'apprentissage…

 

.........Oui, j'oserai écrire

parce que Monsieur Sidi-Ahmed Serri écrit ses mémoires de musicien de la grande musique arabo-andalouse.

Oui, j'oserai écrire parce que six jours après la catastrophe, le chef du gouvernement est allé réconforter la population de Gardhaïa

parce que cette année un nouvel institut des langues et des cultures amazighes ouvre à Bouira

parce que l'Algérie a remporté des médailles aux Jeux Olympiques de Pékin dans des conditions qui, elles aussi, relèvent de l'exploit !

parce que des greffiers du pays ont reçu une formation au langage des signes : plus d'hésitation à comparaître devant les tribunaux, " on vous comprend " !


Puisque tout ne va pas si mal, que le monde tourne et l'Algérie avec lui, ne devions-nous pas profiter de cette chance, cette grâce, ce temps d'arrêt privilégié pour commencer à nous familiariser avec la langue de l'Emir Abd El Kader, ami du Cardinal Lavigerie !

Cours d'Arabe dialectal aux Glycines, à Alger