Je m'appelle Josephine Buhendwa,
mère de huit enfants. Je vis à Bukavu, et travaille à
Caritas (Secours Catholique), paroisse de Kadutu à Bukavu, en RDC
· Peux-tu nous dire quelles
personnes tu rencontres dans ce service de Caritas?
Souvent nous avons des réfugiés,des déplacés,
des personnes qui ont différentes difficultés. C'est pourquoi
l'apostolat n'est pas facile: vieillards, malades , veuves,
orphelins...
Fifi à droite, avec une maman
dont l'enfant
est en train
de mourir
Il faut d'abord les écouter, leur rendre visite
pour mieux sentir leurs situations qui sont souvent déplorables.
Après, c'est la recherche d'une solution à partir des
besoins qui ont été repérés.
Il y en a qui ont des maisons. D'autres n'en n'ont pas ou presque. Parmi
les locataires, certains manquent de quoi vivre.
D'autres sont chassés de la maison. La plupart de ceux-là
n'ont rien à manger.
Certains n'ont pas les moyens de faire éduquer leurs enfants.
Mais ce sont surtout les orphelins qui n'ont personne pour leur venir
en aide. Nous voudrions qu'ils puissent aussi apprendre quelque chose.
D'autres n'ont pas le nécessaire pour étudier.
Certains enfants dorment par terre; ils manquent de couverture et d'habits.
A part quelques grands magnats qui aident quelques enfants, le souci
de la plupart des autres est de savoir s'ils vont manger le soir.
· Et toi, que fais-tu avec toutes ces
personnes qui ont de si grands besoins?
Je tâche de contacter, en collaboration avec notre curé,
toute personne de bonne volonté, les organismes sensibles à
ces personnes en difficulté. Souvent, c'est la Caritas diocésaine
et la communauté des Surs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique
qui vit avec nous à Kadutu.
Cette situation est-elle satisfaisante pour
toi maintenant?
Avant, la tâche était plus facile. Actuellement, nos bienfaiteurs
semblent eux aussi, avoir des difficultés.
Quels obstacles rencontres-tu dans ton apostolat?
La meilleure solution, c'est la prise en charge de chacun: lui donner
ce avec quoi il peut se débrouiller; lui éviter d'être
une charge pour les autres. Il est difficile de trouver pour chaque
famille le moyen de se débrouiller.Nous manquons souvent de moyens
. De plus, tout le monde n'est pas fait pour le commerce.
Actuellement notre premier bailleur, la Caritas a des difficultés
dûes au grand nombre de déplacés dans la ville à
cause des récents évènements et massacres dans
la région de Ngweshe.
Ceux qui nous aident pour les soins médicaux ont coupé
leur soutien pour le moment..
· Devant une telle situation , à
quelle conclusion arrives-tu, alors que tu te donnes corps et âme?
Cet apostolat est très beau, car, au moins, il y a moyen de soulager
des souffrances.Mais actuellement, nos coeurs souffrent de n'avoir pas
la possibilité de les atténuer .
Malgré tout, nous continuons, selon les moyens que nous trouvons.
· Comment fais-tu pour tenir bon dans un service pareil? où
trouves-tu ta force?
Ma force, je la trouve dans le Seigneur, dans la prière. Mon
soutien, c'est le Seigneur qui est capable de tout faire.
J'ai l'espoir qu'un jour ou l'autre nous pourrons aider nos frères
et soeurs qui souffrent.