Kamila, novice polonaise, nous raconte cette journée inoubliable
Il y a presque 100 ans, le 3 décembre 1912, huit Surs Blanches,
courageuses, pleines de foi et de confiance en Jésus,
arrivèrent à Ouagadougou, au Burkina Faso.
Tout simplement à cause de l'amour du Christ,
elles avaient décidé de tout quitter en vue d'annoncer l'Evangile.À quel point cela me rejoint-il aujourd'hui?
J'ai quitté la Pologne en 2010 pour arriver à Bobo-Dioulasso,
au Burkina Faso, en vue de continuer ma formation au noviciat.
En secret, je peux vous dire que la plupart de mes amis m'ont dit
que ma décision d'aller en Afrique était folle.En plus, ils me demandaient pourquoi aller là où il y a la pauvreté?
Qu'est-ce que tu vas chercher là-bas?
En Pologne, tu as tout : l'argent, la carrière qui t'attend
en tant que musicienneVous pouvez vous imaginer quelles pensées sont passées dans ma tête!
Eh bien, aujourd'hui je sais que j'ai tout quitté pour le Christ,
puisque ce désir de Dieu qui m'habite ne me laisse pas tranquille!
Même si parfois je ne comprends pas ce qu'IL fait avec moi,
je désire Le suivre comme nos premières Surs.
Elles n'étaient pas extraordinaires,
elles n'avaient qu'un désir,
celui d'aller vers l'inconnu pour apporter la Bonne Nouvelle.
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Le 17 décembre 2011, dès le matin, une ambiance mystérieuse
régnait dans notre communauté, de Ouagadougou.
"Bientôt nous allons porter les habits comme nos premières Surs!"
Vous pouvez imaginer nos émotions !
Cinq surs et trois novices, avec l'aide de nos Surs aînées,
ont mis les habits blancs, comme c'était il y a 100 ans.Ainsi vêtue, je sentais que j'allais expérimenter
les mêmes sentiments que nos premières Surs :
la joie d'être accueillies et la peur de tomber de cheval !La Mission confiée par le Cardinal Lavigerie, notre fondateur,
ne peut être accomplie qu'avec un cur simple et humble,
puisque les gens ne nous attendent pas comme des touristes,
mais comme des femmes apôtres, des femmes de foi,
des femmes de Dieu.La paraliturgie a commencé vers 8h
à côté de la Bourse du Travail à Ouaga.
Cinq surs et trois novices, montées sur des chevaux,
ont commencé le chemin vers la Cathédrale.
De loin j'ai pu apercevoir la foule immense qui nous attendaitEn arrivant à la Cathédrale, nous avons participé à la Messe
durant laquelle une de nos Surs Burkinabé,
Valérie Kaboré, a prononcé son premier engagement définitif.
C'était pour moi le signe que notre Congrégation est bien vivante
et que la Mission continue.
J'ai prié pour les vocations dans notre congrégation et spécialement
pour celles qui ont commencé cette année leur formation.Pendant l'homélie, l'archevêque de Koupela a comparé
nos premières Surs à Jean Baptiste parce qu'il a dit :
"Que je diminue et que Lui, le Christ grandisse".
Nous, nous sommes seulement des initiatrices,
et l'uvre durable se fera par les Africains eux-mêmes.Merci à la Congrégation qui m'a permis de vivre cet évènement
si important pour chacune de nous.
Que ce même Esprit qui nous a accompagnées soit présent aussi
lorsque nous fêterons les 150 ans de présence au Burkina Faso,
dans un esprit de joie, de foi, d'entraide mutuelle !
Kamila Gaworska
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