C'est
l'histoire du caillou un peu lourd qui dévale une pente enneigée,
grossit et s'alourdit à chaque tour de de roue, sans faire de
bruit. Quand il arrive en bas de la vallée où la température
est plus douce, la neige a fondu, également sans bruit, elle
est venue grossir lentement les petits ruisseaux qui se sont fait une
joie de l'emmener plus loin, afin d'enrichir d'autres coins.
Le don le plus merveilleux que l'homme ait reçu après
celui de la vie, n'est-ce pas celui de la parole qui fait de lui le
roi de la création. Et pour cause ! de tous les bestiaux, tous
les oiseaux du ciel et de toutes les bêtes sauvages, aucun, aucune
ne parlait, impossible de communiquer. Mais Dieu créa la femme
qui rattrapa le temps perdu. (On dit que les femmes sont bavardes !)
et avec la femme, des enfants, de quoi communiquer du matin au soir
et à longueur de vie.
Mais revenons à ma parabole :
· Le caillou, c'est moi. Une Sur Missionnaire de Notre-Dame
d'Afrique parmi d'autres.
· La pente enneigée, c'est mon parcours chargé
d'événements de toutes sortes, m'entraînant à
descendre toujours plus bas vers les plus malheureux dans la communication.
" Aviez-vous un projet, des objectifs " ? m'a-t-on souvent
demandé
Non vraiment, je n'avais aucun projet, aucun objectif
précis, sauf celui de tout missionnaire qui doit servir le monde.
· La neige qui s'est amoncelée autour de moi, ce sont
tous ceux et celles qui m'ont rejointe, qui m'ont aidée, encouragée,
entourée. Qui, en même temps que moi, ont expérimenté
mes découvertes auprès des petits enfants de maternelle
et des handicapés. Tant et si bien qu'il a été
possible de mettre en place une formation qui a pris pour nom :
" Libération de la parole,
par une libération du geste "
les petits ruisseaux qui ont fait les grandes rivières, nous
ont emmenés à travers la France, la Suisse, le Canada,
la Guyanne, la Californie et le Maroc. Comment ? Simplement, de bouche
à oreille, par la joie et le progrès des enfants, le soulagement
des parents trouvant des outils à leur portée, et l'épanouissement
des enseignants et éducateurs, stimulés par cette dynamique.

Une méthode nouvelle ? peut-être
Quelque chose de
plus souple, de très adaptable, dans la ligne de Marcel Jousse,
par une dynamique ludique et artistique, pour la joie de parler.
Elle est née de deux grandes méthodes :
· la méthode verbo-tonale du Professeur Guernia, de Zagreb,
qui utilise le corps entier, les séquences rythmiques de base,
pour faire jaillir la parole. · la méthode Martinot de
peinture et de dessin, qui utilise le corps entier, les deux mains pour
peindre et dessiner et donc exprimer l'être profond au-delà
de la parole !
C'est une méthode psycho-pédagoqique qui fait de nous,
non des professeurs d'art ou de grands exposants, mais des éducateurs
par l'art. Ces deux méthodes se complétant, s'entrecroisant
ont permis une concrétisation, une matérialisation des
différents éléments de la parole.
Enfin, les séquences rythmiques représentées par
des morceaux de bois plus ou moins grands, manipulables à volonté,
qui sont des moules pour la pensée et son expression linguistique.
Parole enrichie à offrir gratuitement sans vouloir un résultat
précis immédiat, sans ennuyer l'enfant par des répétitions.
Non, quelque chose de semblable à ce qui se passe pour le ftus
pendant neuf mois dans le sein de sa mère, puis pour le bébé
dans sa famille, autour de son berceau.