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Sr Anne-Christine,

Sœur Blanche

A ghardaïa en algérie

Sœur Anne Christine

Photos et texte des amis du Sahara


Le 11 Septembre de cette année 2005, je recevais, de mes supérieures, une nouvelle nomination ; j’étais " envoyée ", chargée d’un nouveau ministère, au sein de ma Congrégation des Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique : celui de la prière, de l’adoration, de la compassion, et cela en lien avec les croyants et les priants de l’Islam.


Peut-être cet envoi, au sein d’une Congrégation Apostolique Missionnaire vous surprend-elle, et vous voudriez en savoir plus ? En réalité j’ai toujours désiré donner une grande place à la prière et à la contemplation dans ma vie de " Sœur Blanche " et cet envoi n’est que l’aboutissement d’un long cheminement au souffle de l’Esprit.

Les quinze premières années passées de ma vie de religieuse, passées en Algérie, ont été débordantes d’activités apostoliques, au service des malades : à travers elles, la prière frayait un chemin tandis que je découvrais l’Islam vécu au quotidien.

Les années suivantes passées à Rome au Pisaï, m’ont plongée intellectuellement et spirituellement, dans la culture et la spiritualité musulmanes, me donnant d’en apprécier les valeurs et d’en percevoir la portée spirituelle pour les croyants de l’Islam.

Puis se furent les vingt cinq ( 25) années de grâce vécues au Yémen : longue préparation ( au désert) à une vie de prière et de contemplation. C’est là que, en l’année 1997, en période de terrorisme islamique, aux lendemains du massacre de nos Frères Trappistes de Tibhirine, j’ai perçu un véritable appel de l’Esprit. Fascinée par le Christ et désireuse de continuer à cheminer avec les croyants de l’Islam, j’envisageais désormais, lorsque les événements le permettraient, de donner une plus grande place à la prière et à la contemplation, au sein même de ma Congrégation, en lien avec les croyants et les priants de l’Islam. Dès 1998, ce projet était pris en considération par mes supérieures, tant au niveau général que provincial.

Ghardaïa

En 2001, nous quittions le Yémen et, après un temps de récupération de mes forces, je revenais en Algérie et Ghardaïa m’ouvrait ses portes.
Comment cet APPEL est-il devenu " envoi " de ma congrégation ? Voilà en quels termes mes supérieures d’Alger m’écrivaient ce 11 Septembre 2005 : " Tu es dépositaire d’un appel personnel que tu ressens depuis plusieurs années et que tu nous avais formulé. C’est un appel à une vie plus contemplative à l’intérieur même d’une vie communautaire apostolique. Cet appel est pour toi d’avoir comme premier ministère celui de la prière, de l’adoration et de la compassion, et cela en lien avec les croyants et les priants de l’Islam…Le moment est venu où cet appel devient réalité, prend vie. Nous ne voulons pas seulement t’encourager mais te demander de poursuivre ce chemin comme une obédience qui t’est donnée… "

Peu après, mes supérieures du Conseil Général de Rome m’écrivaient : " Nous te remercions de tout cœur de répondre à cet appel du Seigneur et de participer ainsi à notre Mission commune, en te consacrant plus particulièrement à la prière, à la contemplation. Tu as un ministère de compassion à vivre, en communion avec les priants de l’Islam et tu intercéderas pour la Congrégation, l’Eglise et le monde. Tu seras notre Moïse sur la montagne de l’Horeb. "

Vous l’aurez compris : ce nouveau ministère qui m’est confié, ne me met pas hors de notre communion ecclésiale, bien au contraire, il m’enracine dans notre diocèse. Notre Mission est UNE, chacun et chacune y a sa place privilégiée. Si je me sens interpellée cinq fois par jour pour une prière, comme un travailleur veille à ses heures de travail, c’est en votre nom à tous et toutes. Vos intentions, à moi confiées, m’aideront à rester fidèle à cette part de notre Mission qui me revient ; je compte sur vous, me mettant tout particulièrement sous la protection de Notre Dame d’Afrique.

Décembre 2005,
Sœur Anne-Christine.



 
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