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J'étais venue pour aider des plus pauvres
que moi :
je suis repartie enrichie !
Je voulais utiliser utilement mes 3 semaines de congés
estivaux pour rencontrer des Burundais, découvrir leur
culture, leur vie quotidienne et rendre des services pour
partager la vie du quartier.
Les surs de Gitega m'ont permis de vivre cette belle
aventure attendue depuis longtemps. J'ai été
enchantée par l'accueil qui m'a été réservé
: simple, mais vrai et attentionné.
J'ai pu vivre avec les soeurs leur mission quotidienne :
visite du Centre de santé, distribution de médicaments
à des personnes atteintes du sida, échanges
avec les paroissiens, présence auprès des enfants
de la rue, distribution de bouillie aux enfants malnutris...
Même si j'ai souvent observé ou juste parlé,
ces moments m'ont permis de comprendre l'importance
de la simple présence auprès des personnes seules,
malades, " pauvres ". Une marque d'attention et de
respect qui remet l'homme au centre..
J'ai eu une petite mission d'animation au Centre des jeunes.
Quelques après midi de jeux, bricolage, cuisine et,
bien sûr, des partages. On m'a posé beaucoup
de questions sur la France, et j'ai appris beaucoup de choses
sur le Burundi, que je peux désormais rapporter aux
Français de mon entourage.
Une expérience marquante a été
pour moi la visite de la prison : des conditions
de vie très spartiates, et des personnes dans le besoin.
La visite chez les femmes s'est passée sous forme d'un
dialogue. J'ai senti tout le poids de la détention
dans leur vie par leurs propos, leurs questions, leurs demandes
d'aide. Mais j'ai vu une vraie dignité malgré
tout. On ne peut pas leur enlever ça.
Le passage à la prison des hommes a été
plus rapide, mais plus déroutant. Des regards posés
sur moi, libre, passant parmi des personnes à qui on
avait enlevé tout déplacement et tout choix
de vie. Les regards peuvent être lourds de discours,
parfois...
Les moments de prière m'ont aidée
à remettre au Christ toutes les personnes rencontrées,
à les voir comme mes frères, malgré nos
différences, à avancer au large, même
si j'étais parfois un peu déboussolée.
Un bienfait spirituel.
Enfin, j'ai eu la joie de partager un moment de fête
avec les surs : les
vux définitifs de Sr Libérata. Après
une préparation intense de toute la communauté,
la fête était très belle. Bien que ne
comprenant pas le kirundi, j'ai senti toute la force de l'engagement
posé ce jour là.
Un petit souvenir qui me restera toujours ? Les enfants (et
même les plus grands!) qui courent vers moi dans la
rue pour serrer la main d'une blanche et me dire bonjour avec
ce joli accent ! Une envie de découvrir
l'autre, différent.
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